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Mardi 27 décembre 2 27 /12 /Déc 11:41

AVERTISSEMENT AU PROFANE QUI VEUT ENTRER DANS LA FRANC-MAÇONNERIE

N’entrez pas dans la FRANC-MAÇONNERIE par une puérile curiosité, vous n’auriez que déception.

Ne vous engagez qu’avec la résolution d’étudier l’Institution sérieusement.

Si, avec l’amour du VRAI et du BIEN, vous n’avez pas l’esprit un peu tourné vers la poésie des choses, et la raison un peu mêlée de sensibilité, n’y venez pas, vous vous ennuierez.

Si, étant avocat ou médecin, industriel ou négociant, fonctionnaire ou employé, vous cherchez des clients ou des protecteurs, ne venez pas, vous auriez des mécomptes.

Fonctionnaire, vous feriez rire le ministre de votre parti, fût-il Maçon, et son successeur vous nuirait peut-être,

Marchand, vous feriez suspecter votre marchandise et votre Maçonnerie,

Avocat ou médecin, vous paraîtriez indigne de professions qui ne s’ap­précient qu’au travers d’un certain désintéressement.

Si, étant ambitieux, vous avez des capacités à la hauteur de votre ambi­tion venez et vous apprendrez à vous réaliser.

Mais si vous cherchez des échasses pour’ vos jambes trop courtes, ne venez pas, notre idéal ne vous portera point assez haut.

Politicien, ne rêvez pas de vous faire des partisans dans une Loge : vous n’auriez que ceux que vous avez déjà ; vous perdriez sans doute ceux qui vous reprocheront d’avoir introduit la discorde et votre succès ne sera pas long.

Tant que les hommes s’entre-déchireront dans les conflits de leurs intérêts, de leurs passions et de leurs préjugés, la Franc-Maçonnerie continuera d’enseigner à ses initiés que les violences nuisent à tous, que les idées sont soumises à la loi de croissance comme des êtres vivants, qu’une réforme ne réussit que dans un milieu préparé, et que les impatients du progrès lui suscitent souvent plus d’obstacles que ses adversaires.

Mais si vous croyez en l’Homme et en sa perfectibilité, si vous avez une conception élevée du bonheur et si, dans la confusion d’un monde dominé par les faiblesses humaines, vous aspirez à la sagesse ; si donc, vous ne demandez rien aux Francs-Maçons, qui ne sont que des hommes, alors venez à la Franc-Maçonnerie, elle vous donnera assurément beaucoup de ce que vous cherchez.

Savoir au juste la quantité d’avenir qu’on peut introduire dans le présent, c’est là tout le secret d’un grand gouvernement. Mettez toujours de l’avenir dans ce que vous faites, seulement, mesurez la dose.

Victor HUGO, 1848. (Tas de pierres).

Par planches
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Lundi 26 décembre 1 26 /12 /Déc 11:40

Réflexions à propos d’un Tablier de Passé

A l'occasion de ma descente de charge, vous m'avez offert en présent hautement symbolique...un tablier.

J'avais croisé quelques FF\ revêtus de tels tabliers aux liserés de couleur bleu azur, mais à vrai dire, sans m'être donné la peine d'aller au fond des choses.

Il me devenait impossible d'en rester là ; ainsi est née cette réflexion qui m'a plongé avec délectation dans l'histoire de notre Ordre, des différentes obédiences voire des Ateliers, dans le seul but de comprendre l'exacte portée symbolique de ce cadeau.

Je vais donc vous faire part de ce que j'ai appris en essayant de ne pas oublier que nous travaillons ce midi au 1° degré.

En guise de préambule disons d'emblée que ce tablier, quand il est bordé de rouge - ce qui est précisément le cas ici - appartient au Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Dans les obédiences où il est habituellement porté (GLTSO, GLNF...) c'est le tablier du V\M\et du Passé Maître qui ont, tous deux, reçu la transmission initiatique par une cérémonie en deux phases, l'une classique telle qu'elle se pratique dans toutes les obédiences, l'autre étant secrète et ésotérique.

L'origine française en serait les Loges Ecossaises Rectifiées de la GLNF ; par extension certains rites la pratiquent, adoptant par là même la transmission ésotérique (REAA, Rite Français Moderne...). Le Droit Humain parait totalement opposé à cette transmission.

A PROPOS DU TABLIER EN GENERAL

Il fait bien sûr allusion au travail que nous exécutons, plus particulièrement lorsque nous bâtissons le Temple symbolique.

Il est, écrivait Ragon « le véritable habillement du maç\, le cordon n'en est que le décor ».
Le tablier évoque l'origine artisanale présumée de la F\M\ et Wirth en faisait l'enveloppe matérielle dont l'esprit doit se revêtir pour prendre part à « l'oeuvre de construction universelle ».

En Angleterre les maç\prétendent que le tablier est « more honorable than the Star and Garter »...l'étoile et la jarretière, évoquant l'Ordre de l'Etoile de Jean II et l'Ordre de la Jarretière d'Edouard II... Même Shakespeare l'évoque au 4° acte scène 6 de Coriolan : « You have made a good work, you and your apron men » (vous avez fourni du bon travail, vous et vos hommes en tablier).

Le tablier des premiers F\M\ tel que les illustrations du 18° siècle le montrent était assez proche du tablier des tailleurs de pierre, assez long, enveloppant, blanc et pratiquement sans décor.

Alors que les tabliers des App\ sont restés parfaitement blancs et le demeurent, on assistera en France, dès la 2° moitié du 18° siècle à l'enrichissement des tabliers de Maîtres par de nombreux décors brodés, peints ou même imprimés en taille douce puis colorés ; ces décors reprennent bien sûr les symboles du grade associés à d'autres plus généraux.

En Angleterre la réglementation fut précoce :

* Dès le 27 Juin 1726, la Grande Loge d'Angleterre avait ordonné que les Maîtres de Loges (worshipful masters qui correspondent au V\M\) et les surv\ « porteraient les bijoux de la maç\pendus à un ruban blanc passé autour du cou, les Maîtres l'équerre, les surveillants le niveau et le fil à plomb ».

* Le 17 Mars 1731 la même Grande L\ avait décrété que les tabliers seraient de peau blanche, bordés d'un ruban; la bavette du tablier d'apprenti était rentrée et invisible, celle du compagnon était levée et boutonnée afin de la maintenir, et celle du Maître baissée.

* C'est en Mai 1814 que la Grande Loge Unie d'Angleterre décida, dans la règle 269 de ses Constitutions, d'uniformiser les tabliers...nous y reviendrons.

Par contre, il semble difficile d'admettre qu'une définition précise du « décor » existait sur le continent entre 1750 et 1850, tant les variantes foisonnent, même si l'on peut suggérer qu'un certain nombre de thèmes aient été recommandés (équerre, compas, étoile flamboyante, branche d'acacia...).

Aujourd'hui chaque rite n'a retenu qu'un petit nombre de tabliers, dont les décors sont précisément décrits.

Au grade de Maître, le tablier, en peau ou en satin est bordé de bleu dans les rites et obédiences issus plus ou moins directement de l'andersonisme (Rite Emulation, Rite Français RER), il est bordé de rouge au REAA et de vert dans la FM\ du bois.

Selon le rite et les obédiences il portera des rosettes ou les lettres sacrées du grade M\B\parfois écrites en caractères tirés de « l'alphabet maç\ ».

Au Droit Humain, le tablier de Maître est doublé de Rouge, sans aucun motif particulier, et non de noir ce dernier usage semblant remonter au 19° siècle.

Ainsi le système écossais est il centré sur le rouge et son symbolisme de feu par opposition aux rites Français, Emulation et Ecossais rectifié.

A PROPOS DU TABLIER DE PASSE MAITRE

Le tablier que vous m'avez offert est donc un tablier de passé maître au REAA. Avec des couleurs variant selon le rite - comme nous venons de l’évoquer- il a le même aspect à la GLNF, la GLTSO et dans certains At\ du GO.
Il comprend un rectangle de peau et un rabat triangulaire à bordures rouges, le triangle couvrant le rectangle comme l'esprit se situe au dessus de la matière.
L'origine peut en être retrouvée dans la Règle 269 des Constitutions de l'UGLE datant de mai 1814, Grande Loge qui avait décidé d'uniformiser les tabliers.

On peut y lire :
* « Entered apprentice : peau d'agneau unie, blanche de 14 à 16 inches de longueur, 12 à 14 de haut, rectangulaire, sans ornement, cordes blanches et bavette.
* Fellow craft : le même avec en plus deux rosettes bleu ciel.
* Maitre Maç\ : le même avec bordures bleu ciel n'excédant pas 2 inches de large ; une rosette supplémentaire sur la bavette, houppes (tassels) d'argent et cordes bleu ciel. »

A PROPOS DES HOUPPES ET DES ROSETTES

Nous l'avons dit, les tabliers les plus anciens n'avaient aucune décoration, pas même de ruban et certainement pas de houppe, de rosette ou de niveau.

Ils étaient ceints à l'aide de cordelettes.

Selon Jones c'est le remplacement des cordelettes par des rubans qui est supposé avoir suggéré, plus ou moins accidentellement, l'addition des houppes à une période d'ailleurs assez tardive, aux environs de 1827-1841.

Les rubans passés sous la bavette ou le rabat faisaient le tour du corps et étaient noués devant où leurs extrémités frangées pendaient comme on peut le remarquer sur les anciennes peintures...avec le temps cela aurait conduit à l'idée d'une houppe permanente.

D'ailleurs, sur les tabliers de la première moitié du 18° siècle, les pendentifs remplaçant les extrémités frangées des rubans sont plus médians, alors qu'aujourd'hui ils sont rejetés sur les côtés.

Actuellement certains veulent attribuer aux pendrillons une signification symbolique ; d'aucuns y voient une évocation des colonnes du Temple, d'autres remarquent que les pendentifs sont au nombre de 7 de chaque côté mais une telle approche serait ici inopportune.

Avant les rosettes, la position de la bavette était la seule différence entre le « entered apprentice » et le « fellow craft ».

Les premiers tabliers avec rosettes au Muséum du « Freemasons Hall » datent de 1815 environ, mais on ignore en quelles circonstances exactes elles furent ajoutées.

Harry Carr de la L\ Quatuor Coronati suggère qu'elles étaient simplement un moyen de distinguer les grades :
« My own opinion is that the roses are used exactly in the same way as two or three « stripes » are used in the army. » (Il me semble que les rosettes sont employées de la même façon que les galons dans l'armée.)
Elles pourraient également correspondre à un goût de l'ornementation.
Quoi qu'il en soit, il reste difficile de leur trouver une signification symbolique, en dehors de leur nombre et de leur position sur le tablier du Maître.

Certains les comparent cependant à des roses et renvoient ainsi le tablier au devoir de discrétion selon l'expression moyen âgeuse « sub rosa ».

Rappelons que tous les tabliers de Maîtres de la maç\ dite régulière, et ce dans le monde entier quel que soit le rite, portent trois rosettes, les tabliers avec M\B\ leur étant inconnus.

CONCERNANT LE MAITRE DE LA L\ ET LE PASSE MAITRE

La Grande Loge Unie d'Angleterre dans la Règle 269 des Constitutions de Mai 1814 précise, à propos des tabliers des « Maîtres et Passés Maîtres de L\ : le même que les Maîtres maçons, mais les rosettes remplacées par des lignes verticales sur des lignes horizontales argent ou bleu ciel, formant de cette façon 3 groupes de 2 angles droits ».

Notons d'emblée que :

Alors que le niveau égyptien était en forme de A, les miniatures médiévales représentent les niveaux comme composés de 2 règles assemblées en T inversé ; le peson est suspendu à un fil partant du haut de la règle verticale.

Le texte ci dessus ne mentionne pas le terme « apron levels » (niveaux sur le tablier) mais c'est pourtant celui qui sera retenu pour décrire ces « lignes verticales sur lignes horizontales formant de cette façons 3 groupes de 2 angles droits »dont la Règle 269 précise d'ailleurs les dimensions exactes puisqu'ils devront « être faits de ruban d'un demi inch « et mesurer » 2.5 inches de largeur et 1 inch de hauteur ».

Notons également pour une meilleure compréhension ultérieure que : Le triple tau en tant que tel apparaît plus tard au Royal Arch entre 1822 et 1834-35.
En somme, ce texte des Constitutions est probablement la première référence à des niveaux sur les Tabliers, bien que les premières représentations se trouvant au Muséum du Freemasons’Hall datent de 1800.

A PROPOS DU V\M\ ET DU PASSE MAITRE

Le titre de V\M\ qui désigne le président d'une L\, vient de l'anglais « worshipful » qui désigne un personnage ou une institution dignes d'être vénérés ou respectés.
La première mention connue de ce titre pour qualifier le chef d'une L\ (en ce temps opérative) se trouve dans le Manuscrit Régius (environ 1390), qui est le plus vieil exemple existant des Old Charges, les Anciens Devoirs.
On peut y lire :

« Furthermore yet they ordained he,
Master called so should he be ;
So that he were most worshipped,
then should he be so called ».
De plus il ordonna que quiconque était désigné par le titre de Maître afin d'être très vénéré devait être ainsi appelé.

D'après Marcy le titre de Vénérable s'est introduit dans l'usage courant « sous la Grande Maîtrise du Comte de Clermont ».

Jusqu'en 1773, le titre de Maître de L\était le plus souvent patrimonial et obtenu ad vitam.

C'est en 1773 que les « Statuts de l'Ordre Royal de la Franc-Maçonnerie en France » fixèrent un principe de base aujourd'hui uniformément admis : « Le Grand Orient de France ne reconnaîtra désormais pour Vénérable de loge que le Maître élevé à cette dignité par le choix libre des membres de la Loge. »
(Article IV de la section I du titre I)

Vous savez quasiment tous, comment se déroule dans notre obédience la désignation du V\M\, son élection et son installation par le T\R\ Conseiller National lors d'une tenue au 1° degré symbolique.

Mais cette procédure n'est pas ubiquitaire et les obédiences dans lesquelles on trouve les distinctions de Maître installé et de Passé Maître (GLNF, GLTSO…) pratiquent une cérémonie en deux temps (la première partie est ouverte à l'ensemble des membres de la L\, alors que la seconde est dite secrète ou ésotérique) dont nous allons tenter de retrouver la source et les caractéristiques par une approche chronologique, tant Outre Manche que sur le Continent.

On ne retrouve aucune trace de la plus élémentaire cérémonie d'installation avant les années qui ont suivi la formation de la première Grande Loge d'Angleterre en 1717.

Dans le premier livre des Constitutions du Dr Anderson en 1723, un chapitre de 2 pages décrit « La manière de constituer une nouvelle Loge telle qu’elle est pratiquée par sa Grâce le Duc de Wharton ». Ce document qui sera popularisé en France par La Tierce dès 1742, contient ainsi la plus ancienne description de « L'installation du Maître d'une Nouvelle Loge ». Compte tenu de ce que nous apprend ce texte il est difficile d'admettre que la cérémonie ait eu un contenu ésotérique.

La divulgation du rite des « Anciens » en 1760 dans « The Three distinct knocks » contient quant à elle la plus ancienne description d'une cérémonie d'installation indépendante de la constitution d'une nouvelle loge. Deux ans plus tard, la divulgation du rite des « Modernes » dans « J and B » écrira la cérémonie de manière quasiment identique.

En France, à la même époque (1760) nul ne pouvait présider une L\ s'il ne possédait pas le grade de Maître Ecossais et le Recueil de Rituels du Marquis de Gages de la Loge de Mons daté de 1763 (cote FM4 79 de la Bibliothèque Nationale) comporte un texte intitulé :
« Grade de Maître de Loge qui se donne à ceux qui ne sont pas Ecossois pour pouvoir tenir Loge régullière et non bapttarde… »
Le Livre d'architecture de la Grande Loge des Maîtres réguliers de Lyon (Bibliothèque de Lyon Fonds Coste 453) précise en 1760 qu'il existe « …d'autres cérémonies de constitution du Nouveau Maître…ne pouvant souffrir d'autres témoins que les Maîtres réguliers. »

William Preston dans « Illustrations of Masonry » (1775) reprend la cérémonie du Duc de Wharton mais surtout donne t'il pour la première fois, le texte des Devoirs du Vénérable dans son intégralité…par contre, aucune allusion à une quelconque cérémonie secrète.

Preston va s'affilier à la Loge l'Antiquité en 1774 et en 1792, il négociera l'absorption de la Loge Harodim par l'Antiquité qui devient l'Antiquité 2.

Les minutes de cet Atelier font état d'un changement dans les usages concernant la cérémonie d'installation :
« Jusqu'alors (c'est-à-dire jusqu'en 1792) la cérémonie avait lieu dans la salle de la Loge. A cette date et par la suite, les Maîtres Installés se retirèrent avec le Maître élu dans une autre salle ».
Firebrace - Les procès verbaux de la Loge l'Antiquité n°2, vol.2 p.120

La salle « à part » et une cérémonie conduite en présence des seuls Maîtres Installés sont la première évidence certaine d'une installation ésotérique encore nommée « Inner Working ».
Confirmation nous est donnée dans l'édition de 1801 des « Illustrations of Masonry » de Preston, je cite :
« Le nouveau Maître est alors conduit dans une salle voisine où il est régulièrement installé et lié à sa charge par son prédécesseur selon l'ancien usage, en présence de trois Maîtres Installés »…« A son retour dans la Loge, le Nouveau Maître…est revêtu des insignes de son office. »

Les minutes de la L\ spéciale de Promulgation en date du 19.10.1810 insistent sur l'importance de l'installation du V\M\; pratiquée par les « Anciens », elle paraissait être quelque peu tombée en désuétude chez les « Modernes ».
La loge de Promulgation décide que « la cérémonie d'installation des M\ de Loges était un des véritables landmarks du métier et devait être préservée ».

Le MS. Turk, manuscrit daté de 1816 est la seule version contemporaine complète des 3° « Instructions de la FM\ » de Preston.
Il est rapporté par le F\P.R James dans le volume 85 de A.Q.C. Le chapitre IX traite de la cérémonie d'installation qui se déroule de la manière suivante :
Tous les Maîtres Maç\ reçoivent l'ordre de se retirer.
Le Conseil de Maîtres installés est formé.
Le Maître élu est présenté au Conseil des Maîtres installés afin de recevoir le « bienfait de l'installation ».
Si le Maître élu consent à accepter la charge aux conditions qui lui ont été présentées, il « s'agenouille sur les deux genoux, tandis que 2 Maîtres installés joignent les mains et forment l'arc (ou la voûte) au dessus de lui ».
Le serment de l'Office est alors prêté en deux parties :
La 1° partie contient tout ce qui concerne l'obligation actuelle du Maître élu.
Dans la seconde partie le Maître élu promet qu'il ne révélera jamais le mot et l'attouchement secrets d'un Maître en chaire…et cela ni à un ni à plusieurs, à moins que ce ne soit en présence de 3 Maîtres Installés.
Le nouveau Maître de L\ est installé.
Le Conseil des Maîtres Installés est ajourné.
Les Maîtres Maç\ sont réadmis…etc…

Cette « 3° instruction » de Preston est la seule description correcte des travaux à l'intérieur de la salle d'installation (Inner working) que nous possédions avant 1827, date à laquelle la cérémonie d'installation fut uniformisée sur l'ordre du T\R\ Grand Maître de la Grande Loge Unie d'Angleterre.

Les résultats furent promulgués en 1827 ; les Dignitaires ainsi que les Maîtres Installés et les Passés Maîtres londoniens d'abord, puis anglais ensuite furent « ré-installés ».

Deux documents colligent ces dispositions :
Le « Carnet Henderson » rédigé en 1830-1835 par John Henderson (Député Grand M\ de la L\ Antiquité n°2, puis Président du bureau des affaires générales de la Grande L\ Unie).
« Les cérémonies d'initiation, de passage… » publié par Georges Claret en 1838.

A partir de 1841 « The Emulation Lodge of Improvement » pratiqua régulièrement cette installation quatre fois par an.

Notons enfin que le « Inner Working », c'est-à-dire la cérémonie d'installation ésotérique par le Conseil des Maîtres Installés ne constitue pas officiellement un 4° degré dans les LL\ anglaises, bien que cela soit en pratique.

On peut en effet lire dans une minute de « United Lodge of Harmony and Friendship » datée de 1839 :
« Tous les FF\se retirent de la L\ qui était (ouverte) en dessous du grade de passé Maître quand la L\était ouverte au 4° degré de Passé Maître. »

La cérémonie d'installation ésotérique demeura exceptionnelle dans notre pays jusqu'à la fondation de la GLNF en 1913. C'est après cette date, aux environs de 1918-1919 qu'une adaptation du Rite Emulation fut faite par les Loges Ecossaises Rectifiées de cette obédience.

Ainsi, dans la maç\ anglo-saxonne, comme à la GLNF, à la GLTSO, à la GL, existe t'il une cérémonie ésotérique de l'installation du Maître (sous entendu « du Maître de Loge ») c'est-à-dire qu'à la simple élection s'ajoute une cérémonie à laquelle ne peuvent participer que ceux qui, Maître en Chaire ou Passés Maîtres possèdent ce titre.

LE PASSE MAITRE

En Angleterre, aux USA, comme dans certaines Obédiences et LL\ françaises le qualificatif de Passé Maître ou Past Master s'applique à l'ancien Vénérable qui garde diverses prérogatives, l'immédiate past master - c'est-à-dire le prédecesseur immédiat du Vénérable en chaire - siègeant à l'Orient à côté de son successeur.

Au rite Emulation et au rite français le passé Maître porte un sautoir avec un bijou représentant la démonstration symbolique du théorème de Pythagore.

Ce grade de Passé Maître ne peut être confondu avec la distinction de Vénérable d'honneur donnée au REAA ; cette dignité apparue vers 1834 ne revêt aucun élément traditionnel. Beaucoup de L\ françaises se contentent cependant de cette solution réglementaire mais non initiatique.

A PROPOS DU TAU EN GENERAL

A ce stade nous avons évoqué les notions de Maître installé et de Passé Maître le tablier dont ils sont revêtus tant dans la maç\ régulière que dans certaines obédiences françaises les principaux constituants de ce tablier la bavette les pendeloques ou pendrillons et les 3 niveaux, le terme anglais originel ne prêtant à aucune confusion (« apron levels »)

Pourtant, il est constant d'entendre et de lire dans la littérature maç\ française des affirmations telles que…je cite :
« Sur le tablier des Maîtres installés se retrouvent, dans la maçonnerie dite régulière (mais ce sont précisément ceux là qui nous intéressent) trois taus disposés en triangle ».

Il y a donc discordance historique (cf. supra) mais aussi graphique car les soit disant trois taus des tabliers de Maître installé et de Passé Maître seraient alors en position inversée

J'ai donc essayé de comprendre ce qui peut conduire à ce que je considère comme une confusion.
Je procèderai en trois étapes :
évocation du Tau et de sa symbolique
où trouve t'on trois taus ?
Quels sont les rapports possibles entre ces trois taus et les trois niveaux?

Le tau est la 19° lettre de l'alphabet grec, transcription dit on du Taw hébraïque, dernière lettre de cet alphabet qui serait issue d'un ancien idéogramme en forme de croix ( X ) 20° lettre de notre alphabet, le tau est notre T.
Autrefois, le tau était considéré comme un symbole de vie par opposition à la 8° lettre grecque « Theta » qui apparaissait comme un symbole de mort.
Comme la croix (symbole sacré depuis les époques païennes anciennes sous des formes multiples puisque près de 300 variétés sont connues), le tau est un symbole très ancien, mais bien que parfois nommé Croix de St Antoine car le Saint fut martyrisé sur une croix en forme de tau, ce n'est pas seulement un symbole chrétien.

En hébreu le tau porte l'idée de « marquer », « graver », « tracer ».

Chez les païens, un guerrier ayant survécu à la bataille pouvait attacher un tau à son nom, idée reprise dans un rituel du « Royal Arch » selon lequel le tau était un signe pour ceux qui étaient acquitted et ceux qui revenaient sains et saufs de la bataille.

Le tau comme marque de distinction renvoie à Ezéchiel 9, 3-4 :
« Le Seigneur appela l'homme vêtu de lin portant à la ceinture l'attirail de scribe et lui dit : Parcours la ville, le centre de Jérusalem et marque d'un Tau au front ceux qui gémissent et soupirent à cause de toutes les abominations qui se commettent dans la cité. »
On peut penser que c'est également un tau qui est inscrit ( Exode 12, 7 ) sur le linteau et le montant des portes que ne franchirait pas l'ange exterminateur, signe par lequel se reconnaissent les « élus », ceux qui ont étudié la Torah de Aleph à Taw ( de la première à la dernière lettre ) ou dans l'Apocalypse ( 7, 3 ) : « Ne nuisez pas à la terre ni à la mer ni aux arbres jusqu'à ce que nous ayons marqué d'un sceau sur le front les esclaves de Dieu. »

Enfin, le simple Tau était une mesure égyptienne permettant de mesurer le niveau et le débit du Nil; il s'agissait d'un grand Tau gradué 12 cubits signifiait famine 22 cubits, abondance et au de là de 24 cubits inondations et destructions
Ainsi la vie et la santé du peuple d'Egypte dépendaient de la hauteur du Nil mesurée par ce grand tau et l'instrument lui même devint un symbole et un talisman.

A PROPOS DU TAU EN MAC\

Au rite écossais on connaît depuis longtemps l'emblème associant un T au dessus d'un H, notamment au Royal arch où on le retrouve dans la Charter of Compact en 1766.
Il s'agissait semble t’il d'une abréviation pour « TEMPLUM HIEROSOLYMAE » terme latin désignant le Temple de Jérusalem.

Ce symbole eut initialement des interprétations chrétiennes « Holiness supporting Trinity ».
Sur un manuscrit du Trinity College de Dublin daté de 1711, il prend la forme d'une croix chrétienne sur un H, la croix sur le nom de Jehovah, l'union mystique entre le Fils et le Père Sur le plafond d'une église de Rome des environs de 1700, la pièce centrale est une gloire contenant une autre version chrétienne de HT ; elle prend la forme de…
Et signifie conventionnellement, Jesus Hominum Salvator ou peut-être In Hac Salus c'est-à-dire « safety in the cross ».
Le même symbole, sans le S, se retrouve dans les minutes du Chapitre Swansea (1771) et dans celles du Chapitre de Londres (1784) avec pour interprétation possible « Jésus, sa croix et son père ».

D'autres significations ont été attachées à ce symbole :
Thesaurus…treasure, treasury,
Clavis ad thesurum…a clé pour le trésor,
Res ipsa pretiosa…la chose précieuse elle même, peut être en référence au Nom Sacré,
Theca ubi res pretiosa deponitur…que l'on peut traduire par « le dépositoire dans lequel est placée (ou cachée) la chose sacrée », reprenant la même idée que précédemment et suggérant la protection du Nom Sacré.

Le T sur le H qui figure dans la Charte de 1766, apparaît dans les minutes du Wakefield Royal Arch en 1767, ainsi que sur un certificat Royal Arch de Dunckerley daté de 1768 ; sur ce dernier, le T touche la barre transversale du H.

Dans une illustration du Grand Chapitre Uni de 1817 - c'est-à-dire après l'union des « Anciens » et des « Modernes »- les deux lettres amorcent leur séparation.

Il semble donc que le passage au symbole géométrique du triple Tau ait eu lieu dans l'intervalle Mai 1822 date jusqu'à laquelle les règlements de 1817 ont prévalu et 1834-1835 date à laquelle furent promulgués les rituels révisés.

De deux lettres avec leurs obits (terme typographique désignant un haut de lettre) et leurs empattements (terme typographique désignant un bas de lettre) on passe alors à de simples angles droits.

Au grade anglais de Royal Arch, ce triple Tau joue un rôle important puisqu'il figure sur la principale bannière du grade ; le rituel indique que ce signe du tau est celui dont parle l'ange dans la vision d'Ezéchiel, signe dans lequel les Pères de l'Eglise ont vu une représentation allégorique de la crucifixion.

Quant à la signification du triple Tau qui pour certains représenterait la Trinité, les explications géométriques dans les rituels n'apparurent qu'après la jonction du H et du T ; elles étaient donc probablement inconnues avant 1835.

Citons simplement quelques pistes de réflexion :
le Tau assimilé à l'équerre mais surtout au maillet en forme de tau certains rapprochent les taus des pas maç\, un à chaque grade au rite émulation, tris le jour de l'initiation pour d'autres rites dont le notre, pas effectués les pieds en double équerre (on peut se demander pourquoi ce renvoi aux pas sur le tablier du V\M\ et du Passé Maître et non sur ceux des Maîtres…! même si l'on peut y voir le rassemblement (en un triple tau) de ce qui est épars.

De nos jours, il est nécessaire d'être Maître installé pour accéder aux postes d'officiers au grade anglais de Royal Arch.

Il s'agit là d'une évolution car pendant une longue période à cheval sur les 17° et 18° siècles, seuls les Maîtres Installés pouvaient être candidats à ce grade comme le confirme le Dr Fifield dans un ouvrage de 1744 en décrivant le Royal Arch comme « un corps composé d'hommes qui sont passés en chaire. »

Il y eut d'ailleurs des cérémonies d'installation suivies de descente de charge, simplement pour faciliter l'accès au grade de Royal Arch (Selon l'expression de Jones, il s'agissait alors de « virtual » past masters).

AU TOTAL

Mai 1814 : présence réglementaire de 3 niveaux sur les tabliers des V\M\ et des Passés Maîtres (connue de puis 1800 cf.supra). Entre 1822 et 1834-1835, parti du T sur le H le tablier de Royal Arch en vient à être orné de 3 taus.

Pourquoi ce changement au grade de Royal Arch ?

Il est possible que le passage se soit fait par abandon progressif des hauts et bas de lettre, arrivant à une forme se prêtant plus à une symbolique géométrique.
S'agissait-il de se mettre en continuité symbolique avec le tablier de Maître de Loge sur lequel les niveaux (ou les équerres) sont répétés trois fois ? (rappelons qu'il fallait être Maître installé pour accéder au grade de Royal Arch ).

Peut être faut il voir dans ces deux hypothèses une source d'explication aux erreurs de terminologie qui font dire à beaucoup que le tablier du V\M\ et du Passé Maître sont ornés de 3 taus et ce d'autant que l'on ne doit négliger ni l'apport des trois taus à la symbolique géométrique ni l'espèce de confusion symbolique entre la dignité de Passé Maître ou de Maître installé et le grade de Royal Arch. On se souviendra cependant, que lorsqu'ils ne sont pas à l'intérieur d'un triangle et d'un cercle, les trois taus n'ont pas de signification symbolique au grade de Royal Arch (Communication personnelle de Douglas Jordan - Grand High Priest- Virginia).

QUANT A LA SYMBOLIQUE…

A ce grade, je me limiterai à l'évocation de quelques pistes de réflexion…le rabat triangulaire couvrant le rectangle trois niveaux disposés de telle sorte qu'ils forment avec la bavette deux triangles opposés, l'un ascendant, l'autre descendant à la manière de l'hexagamme et du sceau de Salomon, équilibre entre la matière et l'esprit. Et pourquoi pas, malgré tout ce qui vient d'être dit, trois taus ? taus, équerres, maillet en forme de tau....symbolique du trois qui revêt deux aspects selon que l'on la qualifie de ternaire…distribuée par trois, ou de trinitaire…dans laquelle il y a trois éléments.

A partir du triangle, figure géométrique élémentaire, les pistes ne manquent pas…en L\ 3 pas, 3 coups, delta, triple acclamation, 3 grandes lumières, 3 piliers, 3 mousquetaires etc… De même l'ordre complexe de la L\ met-il en évidence des aspects spécifiquement triangulaires :
VM\, 1°, 2°…triangle de puissance ou d'autorité,
VM\, Secrétaire, Orateur…...triangle de connaissance (conception, mémoire et communication),
VM\, Hospitalier, Trésorier…triangle des voies et moyens.

Le 7 et sa symbolique au troisième grade, cette progression du nombre symbolique évoquant probablement la progression de la connaissance maç\.
Le prestige du nombre 7 est bien connu chez les hermétistes, les kabbalistes et bien d'autres dont les astrologues. Pour les anciens, probablement depuis les chaldéens le sept représente dans toutes les philosophies cosmogoniques…le symbole intégral de l'harmonie dans le monde sensible.

Sept rendent la L\ juste et parfaite.
Sept ans et plus, l'âge du maître.
Sept chiffre humain par excellence associe 4 (nombre du corps) et 3 (nombre de l'âme).

CONCLUSION

La dignité demeurant attachée au Passé Maître, crée, dans les Obédiences qui la reconnaissent, un groupe d'hommes dont la responsabilité initiatique et morale est accrue, ce qui ne peut avoir que d'heureux effets pour le maintien et la sauvegarde de la Tradition maç\, but vers lequel doivent tendre aujourd'hui plus que jamais tous les maç\.

M\ M\

Bibliographie

René GUILLY : Notes sur la cérémonie ésotérique d'installation des Maîtres de Loge. Le symbolisme. N°353 Juillet Septembre 1961
Bernard E.JONES : Freemason's guide and compendium. GG.Harrap and Company Ltd.Londres 1956
Bernard E. Jones : Free mason's book of the Royal Arch. GG Harrap and Company Ltd.Londres 1957
Douglas J. JORDAN, Grand High Priest, Royal Arch, Virginia : Communication personnelle.

 

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Jeudi 1 décembre 4 01 /12 /Déc 14:37

 

 


Brèves  du 01/21/2011

 

 

 

 

 

 

 

 Attaques contre la GLNF : les  bandeaux se lèvent


 
Le bandeau se lève sur les intentions de quelques personnes qui se présentent comme les « gardiens » et les « sauveurs » de notre Ordre.

Depuis des mois, des Frères engagés dans une posture d’opposition, ayant aujourd’hui quitté la Chaîne d’Union, réclamaient une Assemblée de Grande Loge. Le Grand Maitre François Stifani a convoqué la Tenue de Grande Loge pour le samedi 3 Décembre.

Sans voix, à court d'arguments, craignant de voir nos Frères des Loges Régulières du monde entier, un Frère de la GLNF, ancien dignitaire, célèbre professionnel des services de renseignement, s’est autoproclamé responsable d’un « comité de pilotage ». De quel droit a t-il choisi de porter son discours de division au-delà des frontières ? Une telle volonté de nuire à la Grande Loge Nationale Française est avérée.

Le Grand Maître François Stifani condamne sévèrement cette initiative qui porte préjudice à notre Obédience qui occupe au plan international une place majeure au sein des Grandes Loges Régulières et Reconnues. Ne laissons pas compromettre la Grande Loge Nationale Française par un opportuniste expert en méthodes de déstabilisation.

Simultanément, un courrier commun de deux anciens dirigeants d’Obédiences non reconnues, - Alain BAUER pour le Grand Orient de France – Michel BARRAT pour la Grande Loge de France, accompagnés dans cette démarche par le Président de l’Institut Maçonnique de France – adressent une supplique à la Grande Loge unie d’Angleterre pour attirer son attention sur la crise de notre Obédience. Ces anciens responsables de la Franc-Maçonnerie non régulière et non reconnue française se sentiraient-ils pousser des ailes au point de réclamer l’arbitrage d’une Grande Loge qu’ils n’ont jamais cessé de critiquer et de dénigrer ? En réalité, le bandeau se lève car d’une part, ces trois mauvais compagnons signent ouvertement leur forfaiture et d’autre part, servent des valeurs à l’opposé de celles qu’ils prétendent défendre. 

Ces trois Maçons se connaissent intimement. Ils avaient déjà tentés sous la grande Maitrise de Claude CHARBONNIAUD et lors de leurs mandatures de Grand Maître, de combattre l’influence grandissante et jamais démentie de la Grande Loge Nationale Française. Nombreux sont nos Frères qui gardent en mémoire les articles enflammés d’Alain BAUER préconisant l’édification d’un seul Ordre Maçonnique en France. Très proche de la Présidence de la République, Alain Bauer poursuit dans un but strictement profane et politique ce vieux projet auquel il n’a jamais renoncé.

Ces attaques concertées contre la Grande Loge Nationale Française sont condamnables. Elles répondent à un projet politique incompatible avec les fondamentaux de la Franc-Maçonnerie régulière de tradition pratiquée au sein de notre Grande Loge.

 

 

 

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Mercredi 16 novembre 3 16 /11 /Nov 10:59

« La solitude a deux facettes. Volontaire, elle élève et purifie. Obligatoire, elle étouffe et détruit ». Francine Ouellette

La solitude est une réalité bien plus difficile à appréhender qu’il n’y paraît.La solitude est sans doute l’une des plus grandes angoisses de notre culture post-moderne. D’ailleurs n’a t elle pas été mise en avant à l’occasion de cette journée spéciale de lutte contre la solitude en juillet 2011 et que même le label «Grande Cause nationale 2011» a été attribué au collectif « Pas de solitude dans une France fraternelle » rassemblant plus de 26 associations françaises, et près de 3500 partenaires.

Le solitaire est stigmatisé par la société. Oui, entendez bien aujourd’hui «Grande cause nationale», la solitude apparaît aux yeux de tous comme l’un des plus grands maux de notre société : une honte, un désespoir.

Et pourtant, les expériences mystiques et religieuses ne cessent d’en faire l’éloge. Et c’est ce coté là de notre miroir intérieur que je vais aborder avec vous.
Je n’évoquerais pas délibérément la solitude sentiment tragique qui peut mener à des conduites désespérées, au suicide, à la dépression, à diverses maladies et névroses même si le cheminement à une solitude salvatrice et ascétique est pavé de telles épreuves.

Non je désire évoquer avec vous ce que ma solitude, un temps imposée, m’a conduit à admettre…

***

Que je suis un solitaire, depuis toujours et plus que jamais. C’est même cette solitude qui me fait tenir debout, avancer et créer.
Je suis un solitaire, donc, quoique bien entouré et riches de belles et solides amitiés. La souffrance, dans cette solitude n’est point absente. Je l’ai subi, j’avais peur d’elle, comme d’un
croquemitaine, puis avec le temps et les épreuves, j’ai appris à l’apprivoiser, et elle est devenue une très gentille sorcière à qui je confie mes petits secrets. Ensemble, nous monologuons et le silence est son interprète. Oui je l’ai détesté et aujourd’hui je l’apprécie.

Je veux aborder avec vous, vous dire ce que je ressens pour elle. Les personnes qui la craignent sont des ignorants, ils préfèrent s’entourer d’une multitude de relations, d’amants, de gens suffisants et insignifiants croyant ainsi se rassurer, mais ils s’accrochent à des étoiles d’illusions.

La société actuelle vit sous le régime du semblable et non du différent «Mieux vaut être seul que mal accompagné». Ce proverbe est loin d’être suivi et le monde moderne, empli de technologies et vide de chaleur humaine, nous pousse plutôt à rechercher un nid de tendresse ou l’appui d’un groupe. «Tout plutôt que d’être seul» serait donc la devise actuelle.

D’abord, pour dissiper tout malentendu, oui la vie est relation, vivre c’est être relié, c’est un fait absolument incontournable : nul ne peut vivre hors de toute relation, mais à la seule condition d’être d’abord relié à soi-même, de vivre en relation avec soi même.

Nous avons besoin de solitude pour intégrer un à un les événements de notre vie, pour les intérioriser, car nous perdons en intensité ce que nous acquérons en sécurité.

***

La solitude est une invitation à la découverte de soi-même, à la découverte de cet être qui n’est pas seulement un produit de la société, de la famille, de l’histoire mais un être singulier, distinct et particulier: moi / nous.

Le précepte du Temple de Delphes, celui de Socrate, prend, dans ce thème de la solitude, toute son ampleur «Connais toi toi-même, et tu connaîtras l’univers et les Dieux» dont on oublie toujours la suite : «Tu sauras, tu expérimenteras que tout est en toi, que tu es immense, que tu héberges l’univers, que le divin est ta véritable nature. Au non de quoi tu te découvriras véritablement Libre et non pas supérieur ou inférieur aux autres» : Libre ! Il existe des équivalent comme le précepte du VITRIOL, cette formule qui figure sur les murs du Cabinet de Réflexion : «explore l’intérieur de la terre, en rectifiant tu trouveras la pierre cachée.». Ou pour notre Frère Lams, je reprendrais ce Hadith de la mystique de l’Islam «Celui que se connaît, connaît son Seigneur».

Ces préceptes nous enseignent à bâtir notre solitude comme à tailler notre Pierre. La Solitude est une épreuve sur la voie initiatique que nous avons emprunté. La Solitude est donc un départ, un voyage qui ne finit pas, une épreuve que l’on aborde différemment, qui nous permet d’acquérir des qualités et des vertus telles que le courage, la patience, la force, l’endurance, la persévérance, la bienveillance et l’humilité.

***

Nous vivons dans une société matérialiste, uniquement préoccupée de possessions et de pouvoirs qui ne prend en compte que l’ego en le flattant exclusivement et excessivement à travers la notion du groupe.

Nous vivons dans une société qui ne nous apprend pas à être seul. Au contraire, toute éducation, qu’elle soit dispensée par la famille ou l’école, vise à n’être jamais seul : On ne laisse pas un enfant dans le silence, face à lui-même, on l’oblige à jouer avec ses camarades, à faire partie d’une équipe ou d’une bande, à communiquer, à s’intégrer. Lorsqu’il grandit, ses parents et ses professeurs s’inquiètent s’il demeure seul, s’il préfère la compagnie des livres, des arbres ou des animaux à celle des humains. On s’inquiète plus de son apparente insociabilité que de son équilibre intérieur.

Plus tard, il voyagera en groupe ou au moins avec une personne, d’ailleurs pour preuve les tarifs sont plus intéressants en groupe alors qu’il faut payer des suppléments pour une chambre individuelle.

On le dépossède de lui-même, on le pousse à être dépendant des autres. On appelle cela l’esprit de famille, la camaraderie, le sens de la fraternité ou de la communauté. Tout semble programmé pour égayer ou briser ses rares moments de silence et de solitude. Même si tout cela part de bons sentiments, on sait que parfois les bons sentiment s’avèrent les plus possessifs et les plus envahissants.

Car lorsque cet enfant devenu homme affrontera des ruptures sentimentales, des deuils, ou tout simplement une perte d’emploi ou une mise à la retraite, il aura peur et perdra pied: il connaîtra cette solitude mortifère que j’évoquais au tout début, il sera désemparé. Cet homme depuis qu’il est né, a été détourné de sa solitude, on lui a fait croire que sans les autres il n’est rien et ne sert à rien. On ne lui a pas appris à compter sur lui-même, à se connaître, à se faire confiance.

Même dans ma profession, pour la réinsertion des jeunes délinquants, je suis étonné que l’on a décrété, que pour apprendre à vivre en collectivité, que pour bien vivre ensemble il est obligatoire de vivre ensemble : ainsi on a recours au foot ou à d’autres activités collectives. On fait passer le groupe, la bande avant le sujet responsable, comme la charrue avant les boeufs.. En effet, les enseignants, les éducateurs ne proposent que très rarement une activité propre à chacun afin de développer chaque individualité avant de les mélanger toutes. Alors que ces mêmes jeunes souffrent d’un manque d’individualité et par conséquent souffrent du désoeuvrement et de la peur d’être seul d’où le phénomène de bande qui se crée et se propage.

Mais j’en reviens à notre solitude, à cette quête. Nous, qui avons vécu l’initiation maçonnique , parcours tout d’abord solitaire, lors du recueillement dans le Cabinet de Réflexion. D’ailleurs notons que chaque société initiatique impose aux profanes et initiés une période soit de jeun, de silence: une période de solitude… Les sociétés tribales, amérindiennes imposaient à leurs membres une retraite solitaire pour marquer le passage du statut de l’enfant à celui d’adulte.

La solitude était synonyme de source créatrice et bienfaitrice. Car être seul c’est se tenir devant l’inconnu. Dans notre vie quotidienne, chacun peut faire l’expérience imposée ou désirée de se retrouver seul, face à soi ce qui équivaut à se retrouver face à l’inconnue de soi.

Souvenons du mythe de Robinson Crusoe de Daniel Dafoe : ce naufragé sur une île perdue et sans habitants, qui nous rappelle que lorsqu’on est seul, on est obligé d’inventer, de créer du neuf à défaut d’imiter les autres. L’isolement qu’il vivra lui apprendra à se connaître, à repousser ses limites à se découvrir important et surtout surtout à apprécier sa rencontre avec Vendredi et plus tard à renouer avec la civilisation autrement, en homme libre capable de tous les possibles alors qu’il se sentait médiocre auparavant.

La solitude s’avère parfois un mal nécessaire, un besoin vital… alors à défaut de la vivre de manière aussi violante que Robinson, appréhendons nos moments de solitude autrement et tirons en toute la quintessence…

Le véritable solitaire ou le solitaire accompli, celui qui est en paix avec lui-même après certainement épreuves et souffrances, n’est pas celui qui n’aime pas les autres mais c’est celui qui apprécie certains autres. Le véritable solitaire a le sens de l’amitié, il célèbre une relation unique entre deux personnes distinctes. Le véritable solitaire sait qu’il a beaucoup à apprendre des autres alors que la plupart ne cherchent qu’à enseigner aux autres. Le véritable solitaire est un homme libre, libre de toute attache et de tout dogme.

Un goût irrésistible de liberté s’éprend de nous aujourd’hui : pour preuve ces innombrables expériences de l’homme qui le pousse à conquérir des espaces en solitaire : courses autour du monde, Chemin de Compostelle que l’on emprunte seul, retraite dans des monastères, vie à la campagne, etc… Oui nous sommes aujourd’hui en quête de sérénité, d’une solitude apaisante au milieu d’une société tumultueuse. Nous mêmes ici en ce moment, dans ce Temple, nous sommes seuls avec nous mêmes à écouter, à prendre la parole avec parcimonie.
La conquête de sa solitude signe la maturité et parfois même le génie. Nul ne peut se dire philosophe, écrivain, artiste et surtout homme libre s’il n’a exploré, épousé sa solitude.

Conclusion

Voyons chaque instant de solitude qui s’offre à nous comme un nouvel apprentissage de la vie, dans ses limites comme dans ses moments de grande plénitude. Même si notre besoin de l’autre est très grand, il ne peut remplir notre vide et nous apporter la sécurité que nous recherchons.

Cette sécurité, il faudra la trouver en nous-mêmes, car il est impossible de penser que nous pouvons nous trouver en quelqu’un d’autre.
C’est tout le sens de l’identité personnelle. Cette identité se trouve en marchant sur notre propre chemin et en nous connaissant bien nous-mêmes.
Le secret, c’est cette plongée à l’intérieur où nous irons puiser force et inspiration.
La solitude est pesante, parfois. Mais elle est moins pesante quand elle se fait pensante, mais penser dans la solitude appelle un certain courage et non la résignation.

Tant que l’on refusera à accepter une certaine solitude, en la cachant par des divertissements, des institutions, sous prétexte d’inadaptation social, l’homme sera maintenu dans la peur, peur de la perte, dans la peur de mourir car la solitude, nous renvoie à la plus grande de l’homme : la peur de la Mort.

Bien entendu, la solitude ne doit pas être constamment creusée ou contemplée, mais c’est toute l’approche de la solitude et la manière de la vivre quand elle se présente, imposée ou choisie, qu’il convient à nouveau de découvrir, pour mieux aller à la rencontre de l’autre et découvrir son alter/ ego, son autre soi.

J’ai dit…

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Mardi 15 novembre 2 15 /11 /Nov 19:01

LE COOKE

Manuscrit datant de 1400 - 1410 (British Library, Cooke, ms 23198)

Grâces soient rendues à Dieu, créateur du ciel et de la terre et de toute chose qui s'y trouve de ce qu'il ait voulu engager sa glorieuse divinité dans la création de tant de choses utiles à l'humanité.

Car il fit toutes choses pour qu'elles fussent obéissantes et soumises à l'homme.

Car il créa tout ce qui est comestible et bon pour l'homme. De plus, il lui a donné la compréhension et la connaissance de diverses sciences et arts pour lui permettre de travailler afin d'arriver, en gagnant sa vie, à réaliser différentes choses qui plaisent à Dieu et lui procurent bien et confort.

Si je devais les énoncer ce serait trop long, mais je dois vous en exposer certaines, pour vous apprendre comment la science de la géométrie commença et qui en furent les inventeurs, ainsi que d'autres techniques comme il est dit dans la Bible et en d'autres livres.

Vous devez savoir qu'il y a sept sciences libérales ; grâce à elles, toutes les sciences et techniques de ce monde ont été inventées. L'une d'elles, en particulier, est à la base de toutes les autres, c'est la science de la géométrie.

Les sept sciences ont les noms suivants :

La première qu'on appelle fondement des sciences a pour nom grammaire, elle enseigne à parler correctement et à bien écrire.

La seconde est la rhétorique, elle enseigne à parler avec grâce et beauté.

La troisième est la dialectique qui enseigne à distinguer la vérité du faux et on l'appelle communément l'art de la sophistique.

La quatrième s'appelle l'arithmétique, elle enseigne l'art des nombres, comment calculer et faire des comptes de toutes choses.

La cinquième, la géométrie, enseigne toutes les dimensions et mesures, et le calcul des poids de toutes sortes.

La sixième est la musique qui enseigne l'art de chanter selon des notes par la voix, l'orgue, la trompe, la harpe et tout autre instrument.

La septième est l'astronomie qui enseigne le cours du soleil, de la lune et des autres étoiles et planètes du ciel.

Nous voulons parler principalement de l'invention de la noble science de la géométrie et dire qui en furent les fondateurs. Comme je l'ai déjà dit, il y a sept sciences libérales, c'est-à-dire sept sciences ou arts qui sont libres et nobles par eux-mêmes, lesquels sept n'existent que par géométrie. Et la géométrie est, on peut le dire, la mesure de la terre. Géométrie vient de geo qui veut dire "terre" en grec et metrona qui signifie "mesure", c'est-à-dire mesurage de la terre.

Ne vous étonnez pas que j'aie dit que toutes les sciences n'existent que grâce à la géométrie, car il n'y a pas métier ou travail fait de main d'homme qui ne se fasse par la géométrie et la raison en est évidente, car si un homme travaille de ses mains il travaille avec un certain outil et il n'y a pas d'instrument concret au monde qui n'ait son origine naturelle dans la terre et à la terre ne doive retourner. Et il n'existe aucun instrument, c'est-à-dire d'outil de travail qui ne soit basé sur des proportions.

Proportion implique mesure, et l'outil ou instrument appartient à la terre. Or la géométrie est mesure de la terre si bien que je peux dire que les hommes vivent tous de la géométrie, car tous les hommes ici-bas vivent du travail de leurs mains.

Je voudrais vous donner bien d'autres preuves de ce que la géométrie est la science qui fait vivre tous les hommes intelligents, mais j'abandonne ici ce point qu'il serait long de développer car à présent je voudrais avancer dans mon sujet.

Vous devez savoir que parmi tous les arts du monde, en tant que métier d'homme, la maçonnerie a la plus grande réputation et forme la majeure partie de cette science de la géométrie, comme il est dit et noté dans les récits de la Bible et chez le Maître des Histoires . Et dans le Polychronicon , chronique qui a fait ses preuves, dans les traités connus sous le nom de Bède , le De Imagine Mundi , les Étymologies d'Isidore , et dans Méthode évêque et martyr.

Et bien d'autres encore disent que la maçonnerie est l'élément principal de la géométrie ce qui peut se dire car elle fut la première à être inventée comme il est noté dans la Bible au premier livre, celui de la Genèse, au chapitre 4 (Genèse 4, 17). En outre les docteurs précités s'accordent là-dessus et certains d'entre eux l'affirment plus ouvertement et plus clairement que ce n'est dit dans la Genèse.

La descendance directe d'Adam, au cours du 7e âge adamique avant le déluge comprenait un homme appelé Lamech, lequel avait deux femmes, l'une nommée Ada et l'autre Sella. Par la première femme Ada il eut deux fils, l'un appelé Jabel (Yabal) et l'autre Jubal (Yubal).

L'aîné Jabel fut le premier à inventer la géométrie et la maçonnerie. Et il construisit des maisons et son nom se trouve dans la Bible : il est appelé le père de ceux qui habitent sous des tentes, c'est-à-dire des maisons d'habitation.

Il fut le maître maçon de Caïn et chef de tous ses travaux quand il construisit la cité de Hénoch, qui fut la première cité à être jamais construite. Et elle fut construite par Caïn fils d'Adam, et il la donna à son propre fils Hénoch et donna à la ville le nom de son fils et l'appela Hénoch, mais elle s'appelle maintenant Effraym.

C'est là que pour la première fois, la science de la géométrie et de la maçonnerie fut pratiquée et mise au point comme science et art. Aussi pouvons-nous dire qu'elle fut la base et le fondement de toute science et technique. et cet homme Jabel fut aussi appelé Pater Pastorum.

Le Maître des Histoires ainsi que Bède, le De Imagine Mundi, le Polychronicon et bien d'autres disent qu'il fut le premier à partager le sol afin que tout homme pût savoir quel était son terrain personnel et y travailler comme à son propre bien. En outre, il partagea les troupeaux de moutons si bien que chacun sut quels étaient ses moutons, aussi pouvons-nous dire qu'il fut l'inventeur de cette science.

Et son frère Jubal ou Tubal, fut l'inventeur de la musique et du chant comme Pictagoras le dit d'après le Polychronicon, Isidore dit de même dans ses Étymologies au 6e livre : il y note qu'il fut l'inventeur de la musique, du chant, de l'orgue et de la trompe et qu'il inventa cette science en écoutant le rythme des marteaux de son frère, qui était Tubal-Caïn.

Tout comme la Bible, en son chapitre 4e de la Genèse, dit que Lamech eut de son autre femme, qui s'appelait Sella, un fils et une fille dont les noms furent Tubal-Caïn pour le fils et Naama pour la fille. Certains disent, suivant le Polychronicon, qu'elle fut la femme de Noé mais nous ne saurions l'affirmer.

Vous devez savoir que son fils Tubal-Caïn fut l'inventeur de l'art du forgeron et des autres arts des métaux, c'est-à-dire, du fer de l'acier, de l'or et de l'argent selon certains docteurs. Quant à sa s¦ur Naama elle inventa le tissage, car auparavant on ne tissait pas mais on filait et maillait les tissus et on se faisait les habits qu'on pouvait. Naama inventa l'art de tisser et c'est pourquoi on l'appela art de femme.

Or ces trois frères et s¦ur apprirent que Dieu voulait se venger du péché par le feu ou par l'eau et ils s'efforcèrent de sauver les sciences qu'ils avaient inventées. Ils réfléchirent, et se dirent qu'il existait deux sortes de pierre dont l'une résiste au feu &endash; cette pierre s'appelle marbre &endash; et l'autre flotte sur l'eau - et on l'appelle lacerus .

Ainsi imaginèrent-ils d'écrire toutes les sciences qu'ils avaient inventées sur ces deux pierres ; au cas où Dieu se vengerait par le feu le marbre ne brûlerait pas et s'il choisissait l'eau, l'autre pierre ne coulerait pas.

Ils demandèrent à leur frère aîné Jabel de faire deux piliers de ces deux pierres à savoir de marbre et de lacerus et d'inscrire sur ces deux piliers toutes les sciences et techniques qu'ils avaient inventées. Il fit ainsi et acheva tout avant le Déluge.

S'ils savaient bien que Dieu allait envoyer sa vengeance, ils ignoraient par contre, si ce serait par le feu ou par l'eau. Par une sorte de prophétie ils savaient que Dieu allait envoyer l'un au l'autre. Ils écrivirent donc leurs sciences sur les deux piliers de pierre. Certains disent qu'ils gravèrent les sept sciences sur les pierres, sachant qu'allait venir un châtiment.

De fait Dieu envoya sa vengeance si bien que survint un tel déluge et que toute la terre fut noyée. Et tous les hommes sur terre périrent sauf huit : Noé et sa femme, ses trois fils et leurs femmes. De ces trois fils descend toute l'humanité. Ils avaient pour noms Sem, Cham et Japhet. Ce déluge fut appelé le Déluge de Noé car lui et ses enfants en échappèrent.

Et bien des années après ce déluge, on trouva les deux piliers et, suivant le Polychronicon, un grand clerc, du nom de Pictagoras trouva l'un et Hermès, le philosophe, trouva l'autre. Et ils se mirent à enseigner les sciences qu'ils y trouvèrent inscrites.

Toutes les chroniques et histoires, de clercs et la Bible surtout attestent de la construction de la Tour de Babylone. On en trouve le récit dans la Bible, Genèse chapitre 11. Comment Cham fils de Noé engendra Nemrod, comment celui-ci devint puissant sur terre et grandit tel un géant et quel grand roi il fut. Le commencement de son royaume fut le royaume de Babylone proprement dit, Arach, Archad, Chalan et le pays de Sennar. Et ce même Nemrod entreprit la tour de Babylone et il enseigna à ses ouvriers l'art de la maçonnerie à beaucoup de maçons, plus de soixante mille.

Et il leur accordait affection et protection, comme il est écrit dans le Polychronicon et chez le Maître des Histoires et en maints autres traités, sans compter le témoignage de la Bible au même chapitre 11 où il est dit qu'Assur, qui était proche parent de Nemrod, sortit du pays de Sennar et bâtit la ville de Ninive et plateas et bien d'autres encore.

Il est logique que nous exposions clairement de quelle manière les instructions du métier de maçon furent inventées et qui donna pour la première fois son nom à la maçonnerie.

Vous devez savoir ce qui est dit dans le Polychronicon et chez Méthode évêque et martyr : Assur était un noble seigneur de Sennar qui demanda au roi Nemrod de lui envoyer des maçons et des ouvriers spécialisés capables de l'aider dans la construction de la ville qu'il avait l'intention d'entreprendre.

Et Nemrod lui envoya trente centaines de maçons. Quand ils furent prêts à partir, il les convoqua pour leur dire « allez chez mon cousin Assur pour l'aider à construire une ville : mais veillez à bien vous conduire. Je vous donnerai donc des instructions à notre profit commun. Une fois auprès de ce seigneur veillez à être loyaux envers lui comme vous le seriez envers moi et faites loyalement votre travail et votre métier. Tirez-en un salaire raisonnable selon votre mérite. En outre, aimez-vous comme si vous étiez frères et restez unis loyalement. Que celui qui a un grand savoir l'enseigne à son compagnon. Veillez à bien vous conduire vis-à-vis de votre seigneur et entre vous. Que je puisse ainsi être remercié pour vous avoir envoyés et vous avoir appris le métier ».

Ils reçurent ainsi leurs instructions de celui qui était leur maître et seigneur, et partirent chez Assur bâtir la cité de Ninive dans le pays de plateas et bien d'autres villes qu'on appelle Cale et Jesen, qui est une grande ville entre Cale et Ninive.

C'est de cette manière que l'art de la maçonnerie fut pour la première fois présenté comme science, avec des instructions.

Les aînés qui nous précédèrent parmi les maçons firent mettre ces instructions par écrit : Nous les possédons maintenant parmi nos propres instructions dans le récit d'Euclide.

Nous les y avons vues rédigées à la fois en latin et en français. Mais il conviendrait que nous exposions maintenant comment cet Euclide s'intéressa à la géométrie, comme il est rapporté dans la Bible et en d'autres récits. Dans le 12e chapitre de la Genèse on nous dit comment Abraham vint au pays de Canaan, comment Notre Seigneur lui apparut et lui dit : « Je donnerai ce pays à ta descendance ». Mais une grande famine survint et Abraham prit Sara sa femme avec lui et alla en Égypte, avec l'intention d'y rester tant que durerait la famine,. Abraham était un homme sage et un grand clerc. Il connaissait les sept sciences et enseigna aux Égyptiens la science de la géométrie. Or notre noble clerc Euclide était son étudiant et apprit sa science. C'est lui qui lui donna pour la première fois le nom de géométrie car on la pratiquait avant qu'elle ne fût nommée géométrie. Il est dit dans les Étymologies d'Isidore, au livre cinq, qu'Euclide fut l'un des inventeurs de la géométrie et qu'il la nomma ainsi. Car de son temps il y avait au pays d'Égypte un fleuve nommé le Nil, et il se répandait si loin dans les terres que les gens ne pouvaient y habiter. Alors Euclide leur apprit à construire de grandes digues et fossés pour se protéger de l'eau. Par la géométrie il mesura le pays et le partagea en lots. Il ordonna à chacun d'enclore son propre lot de digues et de fossés. Le pays alors abonda en toutes sortes de rejetons, en jeunes gens et jeunes filles. Il y eut telle foule de jeunes qu'ils ne pouvaient plus vivre à l'aise.

Les seigneurs du pays se rassemblèrent et tinrent conseil pour savoir comment aider leurs enfants qui n'avaient pas de subsistance convenable, comment s'en procurer pour eux-mêmes et leurs enfants si nombreux. Parmi l'assemblée se trouvait Euclide. Quand il vit que personne ne trouvait de solution il leur dit « Voulez-vous confier vos fils à mes directives et je leur enseignerai une science telle qu'ils en vivront noblement, à condition que vous me juriez de suivre les directives que je donnerai à tous. » Le roi du pays et tous les seigneurs y consentirent. Il était logique que tous consentissent à cette affaire qui leur était profitable et ils confièrent leurs fils à Euclide pour qu'il les dirigeât à son gré et leur enseignât l'art de la maçonnerie.

Il lui donna le nom de géométrie à cause du partage des terrains, comme il l'avait enseigné aux gens du temps de la construction des digues et fossés mentionnés ci-dessus pour se protéger de l'eau. C'est Isidore qui dit dans ses Étymologies qu'Euclide appelle cette technique la géométrie.

Ainsi notre noble savant lui donna un nom et l'enseigna aux fils des seigneurs du pays dont il avait la charge. Et il leur donna pour instruction de s'appeler mutuellement compagnons et pas autrement parce qu'ils étaient du même métier, de naissance noble et fils de seigneurs. En outre celui qui serait le plus expert serait directeur de l'ouvrage et on l'appellerait maître.

Bien d'autres instructions se trouvent inscrites au Livre des instructions. Ainsi ils travaillèrent pour les seigneurs du pays et construisirent des cités, châteaux, temples et demeures seigneuriales. Tout le temps que les enfants d'Israël habitèrent en Égypte ils apprirent l'art de la maçonnerie.

Après qu'ils furent chassés d'Égypte ils arrivèrent en terre promise qui s'appelle maintenant Jérusalem. L'art y fut exercé et les instructions observées, ainsi que le prouve la construction du temple de Salomon, que commença le Roi David. Le Roi David aimait bien les maçons et leur donna des instructions fort proches de ce qu'elles sont aujourd'hui.

A la construction du Temple au temps de Salomon, comme il est dit dans la Bible au premier livre des rois chapitre cinq Salomon avait quatre-vingt mille maçons sur son chantier et le fils du roi de Tyr était son maître maçon. Il est dit chez d'autres chroniqueurs et en de vieux livres de maçonnerie que Salomon confirma les instructions que David son père avait données aux maçons. Et Salomon lui-même leur enseigna leurs coutumes, peu différentes de celles en usage aujourd'hui. Et dès lors cette noble science fut portée en France et en bien d'autres régions.

Il y eut autrefois un noble roi de France qui s'appelait Carolus secundus, c'est-à-dire Charles II. Et ce Charles fut choisi roi de France par la grâce de Dieu et aussi de sa naissance. Certains disent qu'il fut choisi par suite des événements, ce qui est faux puisque selon la chronique il était du sang des rois.

Ce même roi Charles fut maçon avant d'être roi. Après être devenu roi il accorda affection et protection aux maçons et leur donna des instructions et coutumes de son invention, qui sont encore en usage en France. Il leur ordonna aux maîtres et compagnons de tenir une assemblée une fois par an, d'y venir discuter et prendre des mesures concernant tout ce qui n'irait pas.

Peu de temps après arriva saint Adhabelle en Angleterre, et il convertit saint Alban au christianisme. Saint Alban aimait bien les maçons et le premier, il leur donna leurs instructions et coutumes pour la première fois en Angleterre. Il ordonna qu'on leur payât des gages suffisants pour leur travail. Il y eut ensuite un noble roi en Angleterre appelé Athelstan dont le plus jeune fils aimait bien la science de la géométrie. Il savait bien qu'aucun métier ne possédait la pratique de la science de la géométrie aussi parfaitement que celui des maçons, aussi leur demanda-t-il conseil et apprit-il la pratique de cette science correspondant à la théorie. Car il était instruit de la théorie. Il aimait bien la maçonnerie et les maçons et devint maçon lui-même. Et il leur donna les instructions et les noms en usage aujourd'hui en Angleterre et en d'autres pays. Il ordonna qu'on les payât raisonnablement.

Il obtint une patente du roi d'après laquelle ils pouvaient tenir une assemblée à leur convenance, quand ils verraient venu le moment opportun. On trouve mention de ces instructions, coutumes, assemblée et directives dans le Livre de nos instructions : je laisse donc ce point pour l'instant.

Bonnes gens, voici la cause et les circonstances des origines premières de la maçonnerie. Il arriva jadis que de grands seigneurs n'aient pas assez de revenus pour pouvoir établir leurs enfants nés libres, car ils en avaient trop. Ils délibérèrent donc sur le moyen d'établir leurs enfants et de leur montrer comment vivre honnêtement. Ils envoyèrent chercher de savants maîtres en la noble science de la géométrie afin que par leur savoir, ils leur montrent quelque honnête moyen de vivre.

Lors l'un d'eux, qui s'appelait Euglet , qui était fort subtil et savant inventeur, instaura une technique qu'il appela la maçonnerie. Cet art lui fournit l'honnête enseignement pour les enfants des grands seigneurs, à la demande des pères et au gré de leurs enfants.

Après un certain temps, quand ils eurent appris avec grand soin, ils ne furent pas tous capables de pratiquer l'art en question ; aussi le maître Euglet ordonna-t-il que ceux qui possédaient un meilleur savoir fussent honorés et il commanda qu'on appelât maître ceux qui étaient experts, afin qu'ils instruisent les moins habiles. Ils étaient appelés maîtres pour leur noblesse d'esprit et leur savoir. Néanmoins il commanda que ceux qui avaient moins d'esprit ne fussent pas appelés serviteurs ni sujets mais compagnons à cause de la noblesse de leur naissance.

C'est de cette façon que l'art en question commença en d'Égypte sous le magistère d'Euglet. Puis il se répandit de pays en pays, et de royaume en royaume.

Après bien des années, au temps du roi Athelstan qui fut jadis roi d'Angleterre, sur son ordre et celui d'autres grands seigneurs du pays, pour redresser de graves défauts trouvés chez les maçons, ils fixèrent une certaine règle entre eux.

Chaque année ou tous les trois ans comme le jugeraient nécessaire le roi et les grands seigneurs du pays et toute la communauté, des assemblées de maîtres maçons et compagnons seraient convoquées de province en province et de région en région par les maîtres. A ces congrégations les futurs maîtres seraient examinés sur les articles ci-après et mis à l'épreuve en ce qui concerne leurs capacités et connaissances, pour le plus grand bien des seigneurs qu'ils servent et le plus grand renom de l'art en question. En outre, ils recevront comme instruction de disposer avec honnêteté et loyauté des biens de leurs seigneurs, et ce, du haut en bas de l'échelle, car ils sont leurs seigneurs tout le temps qu'ils paient un salaire pour leur service et leur travail.

Article un.

Tout maître doit être compétent et loyal envers le seigneur qu'il sert, disposer de ses biens loyalement comme il le ferait des siens propres, ne pas donner une plus grande paye à aucun maçon que celle qu'il mérite, vu le manque de céréales et de vivres dans la région ; et n'accepter aucune faveur afin que tous soient récompensés d'après leur travail.

Article deux.

Tout maître sera prévenu de venir à cette congrégation afin d'y venir ponctuellement sauf s'il a quelque excuse. Cependant s'il est convaincu de rébellion à de telles congrégations ou de faute impliquant préjudice à son seigneur et tort à notre art, il ne doit avancer aucune sorte d'excuse, sauf s'il est en danger de mort et, bien qu'il soit en danger de mort, il doit informer de sa maladie, le maître qui préside au rassemblement.

Article trois.

Aucun maître ne prendra d'apprenti pour un stage inférieur à sept années au minimum parce que celui qui aurait un stage plus court ne serait guère capable d'être à la hauteur de son art, ni de servir loyalement son seigneur en s'appliquant comme un maçon doit le faire.

Article quatre.

Aucun maître, quel qu'en soit l'avantage, ne prendra d'apprenti né de sang servile, car son seigneur à qui il est asservi l'enlèverait à notre métier et il l'emmènerait avec lui hors de la loge ou de l'endroit de son travail ; ses compagnons risqueraient alors d'aller à son aide, de provoquer une altercation, et mort d'homme pourrait s'en suivre. Cela est interdit. Sans compter que son métier débuta avec des enfants de grands seigneurs de naissance libre, comme il est dit ci-dessus.

Article cinq.

Aucun maître ne donnera plus qu'il mérite à son apprenti pendant son apprentissage afin d'en tirer profit, ni pas assez pour que le seigneur du chantier où il travaille puisse tirer quelque profit de son enseignement.

Article six.

Aucun maître, par avarice ou âpreté au gain, ne prendra d'apprenti à enseigner qui soit difforme, c'est-à-dire ayant quelque défaut qui l'empêche de travailler comme il le devrait.

Article sept.

Aucun maître ne doit être complice, apporter secours ou procurer aide et assistance à un rôdeur venu voler. À cause de ces expéditions nocturnes on ne saurait accomplir son travail et labeur de jour.

Dans ces conditions ses compagnons pourraient se mettre en colère.

Article huit.

S'il arrive qu'un maçon excellent et compétent vienne chercher du travail et trouve un ouvrier incompétent et ignare, le maître du chantier doit accueillir le bon maçon et renvoyer le mauvais, pour le bien de son seigneur.

Article neuf.

Aucun maître ne doit en supplanter un autre car il est dit dans l'art de la maçonnerie que nul ne finirait aussi bien un travail entrepris par un autre, à l'avantage de son seigneur, aussi bien que l'autre le commença dans l'intention de le finir lui-même.

Autres conseils.

Ces conseils viennent de divers seigneurs et maîtres de différentes provinces et congrégations de maçonnerie.

Premier point.

Il faut savoir que qui désire embrasser l'état de l'art en question doit d'abord principalement aimer Dieu et la sainte Église et tous les saints et son maître et ses compagnons comme ses propres frères.

Second point.

Il doit accomplir loyalement la journée de travail t pour laquelle il reçoit son salaire.

Troisième point.

Il peut tenir secret l'avis de ses compagnons en loge et chambre et partout où maçons se retrouvent.

Quatrième point.

Il ne doit faire aucune malfaçon dans l'art en question, ne porter préjudice, ni ne soutenir aucun règlement nuisible au métier ou à quiconque du métier.

Au contraire il doit le soutenir en tout honneur autant qu'il le peut.

Cinquième point.

Quand il recevra son salaire, qu'il le fasse humblement au moment fixé par le maître et qu'il remplisse les conditions de travail et de repos convenues et fixées par le maître.

Sixième point.

Si quelque dispute surgit entre lui et ses compagnons il doit rester tranquille et obéir humblement aux ordres de son maître ou du responsable de son maître au cas où le maître serait absent, jusqu'au prochain congé et s'arranger alors avec ses compagnons, en dehors d'un jour de travail, si non, ce serait préjudiciable à leur travail et au bien du seigneur.

Septième point.

Qu'il ne convoite pas la femme ni la fille de ses maîtres ni de ses compagnons sauf dans les liens de mariage et n'entretienne pas de concubines, de crainte des disputes qui pourraient survenir.

Huitième point.

S'il lui arrive de devenir responsable sous l'autorité de son maître, qu'il soit un intermédiaire loyal entre son maître et ses compagnons, qu'il s'active pendant l'absence de son maître pour l'honneur du maître et le bien du seigneur qu'il sert.

Neuvième point.

S'il est plus savant et plus subtil que son compagnon qui travaille avec lui dans sa loge ou dans quelque autre endroit et qu'il s'aperçoit qu'il risque de blesser la pierre sur laquelle il travaille par manque de science, il peut lui apprendre comment faire et il peut corriger la taille. Il lui en touchera un mot et l'aidera pour le plus grand bien de leur mutuelle affection et afin que l'¦uvre pour le seigneur ne soit pas abîmée.

Quand le maître et les compagnons, prévenus, se sont rendus à de telles congrégations, en cas de besoin, le shérif de la région ou le maire de la cité ou le conseiller de la ville où se tient la congrégation devra être compagnon et associé au maître de la congrégation pour l'aider contre les rebelles et faire prévaloir les lois du royaume.

Tout d'abord les nouveaux qui ne furent jamais instruits auparavant reçoivent des instructions suivant lesquelles ils ne doivent jamais être voleurs ni complices de voleurs, qu'ils doivent loyalement accomplir leur journée de travail et gagner le salaire qu'ils recevront de leur seigneur ; qu'ils rendront des comptes véridiques à leurs compagnons dans les affaires qui le requièrent et leur accorderont attention et affection comme à eux-mêmes.

Ils doivent être loyaux au roi d'Angleterre et au royaume et observer de toute leur force les articles mentionnés ci-dessus. Après quoi on s'enquerra de savoir si un maître ou compagnon, prévenu, à contrevenu à l'un de ces articles, ce qui, dans l'affirmative, devra alors être discuté.

C'est pourquoi il faut savoir que si un maître ou compagnon, convoqué à l'avance à de telles congrégations, se révolte et refuse de venir ou bien s'il a enfreint l'un des dits articles, et que cela peut être prouvé, il devra abandonner son art de maçon et renoncer à son métier. S'il a l'audace de continuer, le shérif de la région où on risque de le trouver au travail doit le mettre en prison, confisquer tous ses biens et les remettre au roi jusqu'à ce que le pardon royal lui soit octroyé et manifesté. C'est principalement pourquoi ces congrégations sont prévues afin que chacun, du haut en bas de l'échelle, soit bien et loyalement servi en cet art de maçonnerie par tout le royaume d'Angleterre.

Amen ainsi soit-il.

 

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