LA MARSEILLAISE

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L’histoire d’une chanson maçonnique, La Marseillaise

L’hymne national de la France, La Marseillaise, est probablement une des chansons les plus connues du monde entier. Dans les manuels d’histoire il n’est nullement mentionné que La Marseillaise est liée au mouvement maçonnique et qu’aux origines les milieux maçonniques ont été des acteurs importants de sa propagation. .

La Marseillaise, l’histoire officielle

L’histoire officielle nous dit que La Marseillaise a été composée en 1792 par Rouget de Lisle, un capitaine se trouvant dans la garnison de Strasbourg, où il faisait partie du bataillon « Les enfants de la Patrie ». Dans le contexte où la France vient de déclarer la guerre à l’Autriche, Rouget de Lisle se trouvait, le 25 avril 1792, dans les salons du maire de la ville, Frédéric de Dietrich, aux côté d'autres connaissances. En connaissant le fait que Rouget de Lisle était poète et violoniste amateur, le maire lui a demandé de composer une chanson de guerre pour les troupes de frontière de l’armée du Rhin.

S'inspirant pour les paroles d'une affiche de la Société des Amis de la Constitution intitulée Aux armes, citoyens! L'étendard de la guerre est déployé : le signal est donné. Aux armes !, ainsi que d'une ode de Boileau, Ode sur un bruit qui court, écrite en 1656 à propos d’une menace de guerre de Cromwell contre la France, dans laquelle il écrit "...Et leurs corps pourris, dans nos plaines, n'ont fait qu'engraisser nos sillons", et aussi d’une chanson de l'époque qui traîne dans la boue "les féroces étrangers qui ravissent d'entre nos bras nos femmes et nos enfants", Rouget de Lisle s'exécute avec fougue, et le lendemain il revient chez le maire avec la partition et les vers de la Marseillaise, qui initialement portera le nom de "Chant de guerre pour l’Armée du Rhin". Après avoir été chanté par Rouget de Lisle lui-même dans les salons du maire, le futur hymne de la France est pour la première fois interprété en public, le 29 avril, par la fanfare de la Garde Nationale de Strasbourg, devant huit régiments.

En juin 1792 il est chanté pour la première fois à Marseille par un jeune officier, François Mireur, qui vient d’achever ses études de médecine et qui est capitaine de la Garde Nationale (armée populaire) de Montpellier. Pendant un banquet offert par la ville de Marseille en l’honneur des 500 volontaires pour monter sur Paris et aller combattre l’Autriche, Mireur monte sur une table et chante l’hymne de guerre de l’armée de Rhin. Le lendemain tous les journaux de la ville publient les vers et la musique. Les troupes populaires de Marseille et de Montpellier réunies vont marcher vers Paris, chantant sans arrêt cette chanson. Ils vont jouer un rôle important dans l’insurrection du Palais des Tuileries du 10 août 1792. Les révolutionnaires prennent d'assaut le palais en entonnant ce chant, qu’ils ont déjà appelé La Marseillaise, d’après le nom des troupes populaires de Marseille qui l’ont amené à Paris.

Ce même été 1792, Rouget de Lisle quitte Strasbourg pour la place de Huningue, et en 1797, alors qu’il a quitté l'armée depuis un an, c'est le triomphe de son œuvre à l'Opéra de Paris, sur un arrangement d’Hector Berlioz, sous la direction du grand musicien François-Joseph Gossec. .

Le 24 juillet 1795, à l’occasion de l’anniversaire des six ans de la Prise de la Bastille, La Marseillaise est décrétée chant militaire national. Une loi datant du 14 février 1879 établit La Marseillaise comme hymne national de la France. À partir de 1944, le Ministère français de l’éducation établit que cet hymne soit chanté dans les écoles. La loi du 23 avril 2005, qui modifie l’ancien Code de l’Éducation, établit l’interprétation obligatoire de La Marseillaise dans le cycle primaire d’enseignement.

Rouget de Lisle vivra alors de longues années dans la gêne, sans que La Marseillaise ne lui apporte honneurs, fortune ou gloire artistique. A partir de 1826, la précarité l'amène à s'installer à Choisy-le-Roi auprès de ses anciens compagnons d'armes, le général Ange Blein et Jacques-Philippe Voïart, propriétaire de l'immeuble d'accueil, où il finira ses jours le 26.06.1836, sous la monarchie de juillet. Il venait à peine de bénéficier d’une rente viagère accordée par Louis Philippe pour service rendue à la nation après lui avoir attribué la Légion d’Honneur.

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La Marseillaise, l’histoire maçonnique

Le baron Philippe Frédéric de Dietrich, le maire de Strasbourg, grand ami de Lafayette, était membre important de la loge maçonnique La candeur, subordonnée à la Stricte Observance du Rite Écossais, à l’orient de Strasbourg. De Dietrich était également membre du groupement des Illuminati de Bavière, où, selon leur habitude, il portait pour les "frères" le nom d’Omarius. .

Rouget de Lisle n’était pas un simple capitaine du Génie. Claude Joseph Rouget de Lisle était aussi franc- maçon. L’auteur de la célèbre Marseillaise a été membre de la Loge Les Frères Discrets, à l’Orient de Charleville. Plusieurs membres de sa famille étaient membres de la Loge L’Intimité, à l’Orient de Niort. Rouget de Lisle reçut le degré de maître maçon en 1782, quelques mois seulement après son entrée en maçonnerie. Il visitait souvent le maire de Strasbourg, dans la maison duquel se réunissaient les francs- maçons de la ville depuis que les loges avaient été mises en sommeil et les tenues interdites. C’est lors d'une de ces réunions que Dietrich a demandé à Rouget de Lisle de composer la chanson qui deviendra plus tard La Marseillaise. Cette chanson a pour la première fois été interprétée dans le salon du maire maçon de Strasbourg, chantée par Rouget de Lisle, qui était accompagné par Mme Dietrich, l’épouse du maire.

La baronne de Dietrich a eu une contribution importante dans la promotion de la nouvelle chanson, en envoyant la partition et les vers à plusieurs personnes du cercle maçonnique de son mari, en France et en Suisse. Nous ne savons pas si, à ce moment là, elle faisait partie d’une loge féminine, mais il est certain qu’en 1805 elle a été désignée par une loge parisienne, Les Francs-Chevaliers, pour ouvrir une loge associée (pour les femmes) à Strasbourg, dont elle sera Grande Maîtresse. C’est lors de cette tenue qu’elle y accueille l’impératrice Joséphine, et qu’elle initie, en sa présence, plusieurs de ses dames d’honneur.

François Mireur, celui qui a chanté La Marseillaise pour la première fois à Marseille et a participé à l’assautdu Palais des Tuileries était lui aussi franc-maçon, initié dans une loge montpelliéraine, et la rapidité avec laquelle la presse de l’époque à propagé la chanson est due probablement à ce fait.

Le musicien, compositeur et chef d’orchestre François-Joseph Gossec, qui joua la Marseillaise à l’Opéra de Paris, était membre de la loge " La Réunion des Arts" à l'Orient de Paris.
Rouget de Lisle est mort en 1836, à Choisy-le-Roy. À la tête de son convoi funèbre se trouvaient ses deux amis militaires : Jacques-Philippe Voïard et le général Blein.

Jacques-Philippe Voïard avait été initié en 1777 dans la loge militaire du régiment du général Lamarque. En 1778 il intègre une loge civile, à Thionville, La Double-Union. En 1779, il participe à la création d’une nouvelle loge militaire, La Franchise Helvétique, à Erlach (Suisse). Il suit la même année son régiment dans le midi, et rejoint la loge L'Union Fraternelle à l'Orient du régiment de Royal-Roussillon. En 1787, il met sur pied à Longwy avec quelques amis la loge civile La Réunion Philanthropique, dont il sera le premier Grand- Maître en 1789. Voïard était un esprit très au dessus des bourgeois maçons de l’époque, à la fois très ouvert et progressiste, qui recevait beaucoup chez lui, tant les libéraux que les républicains, les artistes et intellectuels. C’est chez lui que Rouget de Lisle côtoya entr’autres le sculpteur David d’Angers, initié à la Loge Le Père de Famille à l'Orient d'Angers, et le savant Jean Raspail, initié dans la célèbre Loge parisienne Les Amis de la Vérité.

Le baron Ange Blein, fameux général dans l’armée du génie pendant la Révolution, l’Empire et la Restauration (il a son nom sur l’Arc de Triomphe), était membre d’une loge maçonnique militaire.

Dans sa ville natale, Lons-le-Saunier, une statue lui a été dédiée. L’auteur de cette statue n'est personne autre que Frédéric Auguste Bartholdi, membre de la loge Alsace-Lorraine à Paris, devenu célèbre pour sa statue "La liberté illuminant le monde” (à présent connue comme "La Statue de la Liberté”) à New York.

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Addendum
C’est à New York justement qu’Eugène Pottier, communard en exil, décida en 1871 d'écrireson poème intitulé L'Internationale, qu’il conçut sur l'air de ... la Marseillaise. Pottier était maçon : initié à la Loge newyorkaise les Égalitaires réunissant des proscrits de la Commune, il allait s'affilier, à son retour en France en 1887, à la Loge parisienneLe Libre Examen, quand la mort interrompit ce projet. Ce n'est qu'en 1888 que l'Internationale fut mise en musique telle que nous la connaissons aujourd'hui par le musicien lillois Pierre Degeyter.

Signalons qu'il existe aussi une Marseillaise Maçonnique, adaptée de l’originale, chantée dans la Respectable Loge La Sagesse, à l’Orient de Toulouse, le jour de la Saint Jean d'Hiver 1792, an premier de la République Française, par le Frère Etienne de Jouy, affilié à ladite loge, et ex-Maître de la loge Saint- Hubert, à l’Orient du Mans.

Citons pour terminer ce troisième chant révolutionnaire, « le temps des cerises », œuvre de Jean-Baptiste Clément, Initié Franc-Maçon en 1898 à la Loge "Les Rénovateurs" à Clichy, lui aussi communard exilé à Londres car condamné à mort par contumace.

En conclusion, mes Frères, nous voyons bien ici que, au travers de ces chansons devenues des hymnes car transportant toutes les trois les idéaux, les émotions, les états d’âmes de ces Frères, chacun dans leur époque, qui nous ont précédés, l’idéal maçonnique est toujours le même, qui transcende leurs différences pour en faire abstraction et réunir les hommes dans un projet commun visant à en faire des êtres libres, responsables et fraternels. Cet idéal maçonnique qui nous a réunis tous ici ce soir.

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La Marseillaise Maçonnique
La Loge La Sagesse, fondée en 1757 (et peut-être même antérieurement, sous un autre nom) aurait été réputée pour être l’atelier le plus respecté de l’Orient de Toulouse, le conservatoire de l’orthodoxie, et le temple privilégié de l’Art royal. On sait qu'elle poursuivit ses Travaux pendant toute la durée de la Révolution.

I Allons, enfants de la lumière, Poursuivons ces nobles travaux ; Laissons le stupide vulgaire Languir dans un triste repos (bis). Pour nous qu'un utile mystère Protège en cet heureux séjour, Nous bâtissons plus dans un jour Qu'un profane en sa vie entière.

REFRAIN Aux Armes, Apprentis, Maîtres et Compagnons, Chargeons, chargeons, Qu'un feu d'enfer tonne dans nos canons.

II C'est parmi vous, c'est dans vos temples Qu'on vit naître la LIBERTE ; C'est par vos vertueux exemples Que l'on connut l'EGALITE (bis). Nous sommes de la République Les plus solides Défenseurs; Les maçons portent dans leurs cœurs Un foyer brûlant et civique.

Aux Armes, etc.

III Déjà sur nos succès, MES FRERES, Tout l'univers fixe les yeux ; Devant le toit d'une chaumière S'écroule un palais orgueilleux. (bis) Notre douce Philosophie Partout a donné le signal ; Nos mains placèrent le fanal Dont l'éclat guida la patrie.

Aux Armes, etc.

IV Dans la paix et dans le silence, Notre art conserva sa vigueur ; C’est pour le bonheur de la France Qu’il sut triompher de l’erreur. (bis) Comme on vit ces Vierges à Rome Entretenir le Feu Sacré, De même on l'a vu consacré À la garde des Droits de l’Homme.

Aux Armes, etc.

V La République universelle N’est que le Temple des Maçons ; Ils en ont tracé le modèle Dans leurs symboliques leçons. (bis) Comment ces colonnes brillantes Craindraient-elles de s'écrouler, Quels coups les feraient chanceler, Sur des bases aussi puissantes ?

Aux Armes, etc.

VI De l'un et de l'autre hémisphère Bientôt disparaîtront les Rois ; L'espèce humaine toute entière Ne veut pour Maître que les Lois (bis). Ainsi notre cher vénérable Ici fait régner nos statuts, Et l’exemple de ses vertus Rend l'obéissance agréable.

Aux Armes, etc.
Aux Frères nouvellement initiés.

O vous, qu’une douce lumière Guida pour la première fois ! En vous voyant, la Loge entière S’applaudit de son heureux choix. (bis) Secondez un peuple de Sages, Qui se plaît à vous enseigner La morale qui doit régner Sur les climats les plus sauvages.

Aux Armes, etc.
Les deux clefs ►Régis SOULLARD◄ 03/07/2009 : 4/4

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